Femmes lesbiennes et bisexuelles, hommes trans, personnes non-binaires : pourquoi le suivi gynécologique vous concerne aussi, et comment il se passe au cabinet.
Beaucoup de personnes LGBT+ espacent ou évitent leur suivi gynécologique. Parfois parce qu’on leur a dit qu’elles n’en avaient pas besoin, parfois parce qu’une consultation passée s’est mal déroulée. Pourtant, les besoins de prévention dépendent des organes que l’on a et des pratiques que l’on a, pas de son orientation ni de son identité. Cet article s’adresse aux femmes lesbiennes et bisexuelles, aux hommes trans, aux personnes non-binaires, et à toute personne qui a un utérus ou un col.
Un accueil sans jugement
Au cabinet, chacun·e est reçu·e de la même façon : avec respect, sans a priori et dans le secret médical.
- Votre prénom et vos pronoms sont respectés, même s’ils ne correspondent pas à ceux de votre carte Vitale. Dites-les simplement en début de consultation.
- Vous n’avez pas à justifier votre vie. Les questions posées servent seulement à adapter la prévention à votre situation (par exemple : quelles pratiques, quels risques d’IST, besoin ou non d’une contraception).
- Aucun examen ne se fait sans votre accord. On peut en parler d’abord, le prévoir plus tard, ou s’arrêter à tout moment.
C’est aussi ce que recommande la Haute Autorité de santé (HAS) : un accueil bienveillant, sans différence de traitement, avec l’usage du prénom et du pronom d’usage.
Idée reçue : « Pas besoin de frottis si je n’ai pas de rapports avec des hommes »
C’est faux. Le papillomavirus (HPV), responsable du cancer du col de l’utérus, se transmet par contact de la peau et des muqueuses, avec ou sans pénétration. Selon la HAS, toute femme ayant eu des rapports sexuels avec un homme ou avec une femme, même avec une seule partenaire, peut avoir été infectée.
Le dépistage du cancer du col est donc recommandé de 25 à 65 ans pour toute personne ayant un col de l’utérus, quelle que soit son orientation :
- de 25 à 29 ans, par un frottis (examen des cellules du col) ;
- de 30 à 65 ans, par un test HPV, espacé de plusieurs années s’il est normal.
Le suivi gynécologique des femmes qui ont des relations avec des femmes est le même que celui des femmes qui ont des relations avec des hommes.
Les IST entre femmes
Les infections sexuellement transmissibles circulent aussi entre femmes : HPV, herpès, chlamydia, notamment. Quelques gestes réduisent les risques :
- un préservatif sur les sextoys, changé entre chaque partenaire ;
- une digue dentaire (un carré de latex) pour les rapports bouche-sexe ;
- des gants en latex ou en vinyle en cas de pénétration ;
- le dépistage régulier, surtout en cas de nouvelle partenaire.
La vaccination contre le HPV est recommandée, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans (voir notre article sur le vaccin HPV). Celle contre l’hépatite B l’est aussi en cas de partenaires multiples.
Pour le détail des infections et des façons de se dépister, lisez notre article sur les IST.
Hommes trans et personnes non-binaires
Si vous avez un utérus et un col, le suivi gynécologique reste utile, que vous preniez un traitement hormonal ou non.
- Le dépistage du cancer du col reste recommandé tant que le col est présent. La HAS rappelle que les hommes trans qui ont conservé leur col sont exposés au risque de cancer du col, et que la surveillance des cancers pelviens est la même que celle des femmes, selon les organes présents.
- La testostérone n’est pas une contraception. Une grossesse reste possible sous testostérone. Si vous avez des rapports pouvant entraîner une grossesse, une contraception non hormonale ou progestative peut être discutée en consultation.
- Le dépistage des IST suit les mêmes recommandations que pour la population générale.
Depuis mai 2026, les personnes trans, queer ou non-binaires de 18 à 25 ans peuvent aussi commander gratuitement un kit de dépistage à domicile (chlamydia et gonocoque) sur mon-test-ist.ameli.fr. Le dépistage en laboratoire sans ordonnance, lui, est ouvert à tous et gratuit avant 26 ans.
Je ne prescris pas de traitement hormonal de transition. Je peux en revanche assurer votre suivi gynécologique et de prévention, en lien avec le médecin qui vous suit.
Projet d’enfant
Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’assistance médicale à la procréation (PMA) est ouverte aux couples de femmes et aux femmes non mariées, sans discrimination liée à l’orientation sexuelle ou au statut matrimonial. Les actes sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite de 6 inséminations et de 4 fécondations in vitro.
Pour un couple de femmes qui fait appel à un don, mariées ou non, la reconnaissance conjointe anticipée se fait devant notaire, avant la conception, en même temps que le consentement au don. Elle établit la filiation de la mère qui n’accouche pas : le mariage ne suffit pas. Le dispositif transitoire qui permettait une reconnaissance après la naissance pour les PMA faites à l’étranger a pris fin le 4 août 2024.
La PMA se fait dans un centre spécialisé. En amont, je peux faire le point sur votre suivi et vous orienter. Pendant la grossesse, le suivi et la préparation à la naissance sont ouverts aux deux parents.
Où trouver de l’aide
- SOS homophobie, 01 48 06 42 41 : ligne d’écoute anonyme pour les personnes victimes ou témoins de LGBTphobies (lundi au jeudi 18 h-22 h, vendredi 18 h-20 h, samedi 14 h-16 h, dimanche 18 h-20 h). Site : sos-homophobie.org.
- Fil Santé Jeunes, 0 800 235 236 : pour les 12-25 ans, gratuit et anonyme, tous les jours de 9 h à 23 h.
- onsexprime.fr pour les ados et questionsexualite.fr pour les adultes : les sites de Santé publique France sur la sexualité.
- 3919 en cas de violences faites aux femmes (gratuit, anonyme, 24 h/24) et 17 en cas de danger immédiat.
- 3114 : numéro national de prévention du suicide (gratuit, 24 h/24, 7 j/7).
Venir en consultation
Que ce soit pour un frottis, un dépistage, un vaccin, une contraception ou simplement pour reprendre un suivi interrompu depuis longtemps, vous êtes la ou le bienvenu·e. Nous avancerons à votre rythme. Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un avis personnalisé.
Sources : Haute Autorité de santé (recommandations « Transidentité : prise en charge de l’adulte », juillet 2025, et questions-réponses sur le HPV), Assurance Maladie (ameli.fr), service-public.gouv.fr, Santé publique France (questionsexualite.fr), SOS homophobie.