Contraception, consentement, IST, contraception d'urgence : ce que vous pouvez faire seul·e, gratuitement et en toute confidentialité, et à qui en parler.
Les premières relations, les questions sur son corps, la contraception, la peur d’une IST ou d’une grossesse : à l’adolescence, on se pose beaucoup de questions, et on n’a pas toujours envie d’en parler à ses parents. C’est normal. Cet article s’adresse à vous directement. Il rassemble ce que vous avez le droit de faire, ce qui est gratuit, et les personnes à qui vous pouvez vous adresser sans jugement.
Consulter une sage-femme, dès l’adolescence
Une sage-femme ne s’occupe pas que des grossesses. Elle peut vous recevoir pour parler de votre corps, de vos règles, de votre vie affective et sexuelle, et vous prescrire une contraception.
Ce qu’il faut savoir avant une première consultation :
- L’examen gynécologique n’est pas obligatoire pour obtenir une contraception. Il peut être expliqué et prévu plus tard, et il ne se fait qu’avec votre accord.
- Vous n’avez pas besoin de l’accord de vos parents pour consulter et obtenir une contraception.
- Le secret médical s’applique, même si un parent vous accompagne. Pour les mineur·es, l’Assurance Maladie n’envoie aucun relevé de remboursement concernant ces actes.
Ce qui est gratuit avant 26 ans
- La contraception : pour les femmes de moins de 26 ans, les consultations, les contraceptifs remboursables et certains préservatifs sont pris en charge sans avance de frais.
- Les préservatifs : certaines marques de préservatifs externes (« masculins ») et internes (« féminins ») sont délivrées gratuitement en pharmacie, sans ordonnance, à toute personne de moins de 26 ans, sans âge minimum. Il suffit de présenter sa carte Vitale ou une attestation de droits.
- La première consultation de contraception et de prévention des IST est gratuite pour les filles comme pour les garçons de moins de 26 ans. Elle peut se faire avec un médecin ou une sage-femme.
Pour réfléchir à la méthode qui vous conviendrait, vous pouvez commencer par notre aide au choix de contraception. Le choix se fait ensuite en consultation.
Le consentement
Une relation sexuelle se fait à deux, et chacun·e doit en avoir envie. On a le droit de dire non, à tout moment, même si on a dit oui avant, même dans un couple. Le silence, l’alcool ou la peur ne sont pas un « oui ».
Si quelqu’un vous a forcé·e, vous met la pression ou vous fait du chantage (par exemple avec des photos), ce n’est pas de votre faute et vous pouvez en parler. Les numéros utiles sont plus bas.
En cas de rapport non protégé : la contraception d’urgence
Un préservatif qui craque, un oubli de pilule : la contraception d’urgence hormonale (la « pilule du lendemain ») est gratuite en pharmacie, sans ordonnance, pour toutes, mineures comme majeures, depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. Vous pouvez demander qu’elle vous soit délivrée de façon confidentielle.
Elle est d’autant plus efficace qu’elle est prise tôt : au plus tard 3 jours après le rapport pour certaines pilules, 5 jours pour d’autres. Le pharmacien vous reçoit dans un espace confidentiel et vous conseille.
La pilule du lendemain ne protège pas des IST : pensez aussi au dépistage.
Les IST et le dépistage
Beaucoup d’infections sexuellement transmissibles ne donnent aucun symptôme. La seule façon de savoir, c’est de se faire dépister.
- En laboratoire, sans ordonnance et sans rendez-vous (dispositif « Mon test IST ») : chlamydia, gonocoque, syphilis, hépatite B et VIH. C’est gratuit et sans avance de frais avant 26 ans.
- À la maison : entre 18 et 25 ans, on peut commander gratuitement un kit d’autoprélèvement (chlamydia et gonocoque) sur mon-test-ist.ameli.fr.
- Au CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic) : le plus proche est à Toulouse, à l’hôpital La Grave, au 05 61 77 80 32. Le dépistage y est gratuit, anonyme si vous le souhaitez, et sur rendez-vous. Attention, les mineur·es doivent y venir accompagné·es d’un adulte.
Pour en savoir plus, lisez notre article sur les IST.
Le vaccin HPV
Le vaccin contre les papillomavirus protège de plusieurs cancers et des verrues génitales, chez les filles comme chez les garçons. Il est recommandé dès 11 ans, et le rattrapage est possible jusqu’à 26 ans. Tout est expliqué dans notre article sur le vaccin HPV.
Où trouver de l’aide, près de chez vous et à distance
À Revel. Le Centre de santé sexuelle du Département de la Haute-Garonne tient une consultation à Revel, au 20 rue Clémence Isaure, le jeudi, sur rendez-vous au 05 62 13 23 77 (du lundi au vendredi, 8 h 30 à 12 h et 13 h 30 à 17 h). Il accueille gratuitement les mineur·es et les majeur·es, seul·es ou accompagné·es, dans le respect du secret et de l’anonymat.
Le Planning familial a aussi un annuaire pour trouver le lieu le plus proche : planning-familial.org.
Au téléphone ou en ligne :
- 0 800 08 11 11 : numéro national « Sexualités, contraception, IVG ». Gratuit et anonyme, du lundi au samedi de 9 h à 20 h. Un tchat est aussi proposé sur ivg.gouv.fr.
- Fil Santé Jeunes, 0 800 235 236 : pour les 12-25 ans, gratuit et anonyme, tous les jours de 9 h à 23 h. Site : filsantejeunes.com.
- onsexprime.fr : le site de Santé publique France sur la sexualité des jeunes, avec des réponses simples et validées par des experts, et un tchat avec des psychologues et éducateurs.
En cas de violences :
- 119 : pour les enfants et ados en danger, ou un adulte inquiet pour eux. Gratuit, 24 h/24, 7 j/7, et le numéro n’apparaît pas sur les factures.
- 3919 : violences faites aux femmes, y compris dans le couple. Gratuit, anonyme, 24 h/24.
- 17 : en cas de danger immédiat.
Venir en parler
Aucune question n’est bête ou honteuse. Vous pouvez venir seul·e ou accompagné·e, pour une contraception, un dépistage, un vaccin ou simplement pour poser vos questions. Ce qui se dit en consultation reste entre nous. Si vous hésitez sur le bon moment pour consulter, la page Quand consulter ? peut vous aider.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas une consultation.
Sources : Assurance Maladie (ameli.fr), service-public.gouv.fr, ivg.gouv.fr, Santé publique France (onsexprime.fr), Département de la Haute-Garonne, CHU de Toulouse.